Une activité hypothécaire en transition

L’année 2025 constitue un exercice charnière pour le marché immobilier wallon et pour l’activité hypothécaire de la SWCS. Deux évolutions majeures ont marqué cette période : l’entrée en vigueur, au 1er janvier 2025, de la réforme des droits d’enregistrement annoncée à l’été 2024, et la hausse significative des prix de l’immobilier qui s’en est suivie. Ces facteurs ont directement influencé les décisions des ménages et le rythme de production de la Société wallonne du crédit social.

Un marché à deux vitesses

En 2025, le marché immobilier wallon a connu une reprise particulièrement dynamique. Le nombre de transactions a progressé par rapport à 2024, confirmant un regain d’activité après une période plus stable. Dans le même temps, le prix moyen d’une maison a augmenté d’environ 15 % sur un an, traduisant une tension accrue entre l’offre et la demande.

Cette évolution témoigne de la vitalité du marché, mais elle exerce une pression supplémentaire sur les jeunes ménages et les foyers à revenus modestes. Pour ce public cible de la SWCS, l’augmentation des prix constitue un défi supplémentaire dans la concrétisation de leur projet d’acquisition.

Dans ce contexte, la mission sociale de la SWCS prend toute son importance. En proposant des conditions de crédit adaptées, elle contribue à maintenir un accès encadré, durable et sécurisé à la propriété. Son intervention agit ainsi comme un levier de stabilisation pour des ménages qui, sans ce soutien, seraient plus exposés aux tensions du marché.

Droits d’enregistrement : un effet d’anticipation marqué à la SWCS

La réduction du taux des droits d’enregistrement constitue un signal fort en faveur de l’accession à la propriété. Ses effets doivent toutefois être nuancés : une part importante du public de la SWCS bénéficiait déjà de droits réduits lors de l’acquisition d’une habitation modeste. Pour ces ménages, la réforme n’a donc pas toujours représenté un avantage net.

Elle a d’ailleurs conduit de nombreux candidats acquéreurs à revoir leurs calculs et à adapter le calendrier de leur projet. L’annonce de la réforme à l’été 2024 a généré un effet d’anticipation significatif : de nombreux ménages ont finalisé leur acquisition avant la fin de l’année 2024 pour profiter des dispositifs existants, ce qui explique le volume exceptionnel de signatures enregistré en décembre 2024.

Nombre d'actes signées en 2024/2025

Le début de l’année 2025 a naturellement été marqué par une phase d’ajustement, le temps que le marché et les candidats acquéreurs intègrent pleinement le nouveau cadre fiscal.

Cette situation a simplement entraîné un léger décalage dans la répartition des dossiers entre 2024 et 2025 ; sans cette anticipation, la production des deux années aurait probablement été plus équilibrée.

Une mission sociale pleinement affirmée

La production de la SWCS ne suit pas mécaniquement l’évolution du marché immobilier traditionnel. Cette différence s’explique par la spécificité de son public, particulièrement sensible aux variations de prix et aux changements fiscaux.

La Société wallonne du crédit social assume pleinement ce positionnement, qui constitue le cœur de sa mission : permettre un accès à la propriété pour les jeunes ménages et les foyers à revenus modestes qui peinent à obtenir un crédit bancaire, indépendamment des fluctuations conjoncturelles.

L’année 2025 illustre cette double réalité : la baisse des droits d’enregistrement a soutenu la dynamique du marché immobilier wallon, tandis que la hausse des prix et la suppression de certains avantages fiscaux ont rendu l’accès à la propriété plus complexe pour les ménages les plus modestes.

Dans ce contexte, la SWCS confirme son rôle d’acteur public essentiel, garantissant un accompagnement adapté et un accès encadré à la propriété pour un public jeune et socialement ciblé.

Le prêt à la rénovation bousculé

Depuis quelques années, le Rénopack est devenu un pilier de l’activité de la SWCS. En 2025, ce dispositif essentiel à la rénovation des logements wallons a traversé une année mouvementée, entre une réforme majeure et la transition entre deux régimes de primes, ce qui a suscité des interrogations et une forme d’inquiétude auprès du public, liées à l’absence de prévisibilité. Malgré ce contexte particulier, l’intérêt pour le prêt à tempérament 0 % est resté soutenu.

Une année marquée par la réforme des primes

Le 13 février 2025, le Gouvernement wallon a annoncé une refonte du système de primes, en raison du coût élevé du dispositif en place depuis 2023. Les citoyens souhaitant bénéficier du prêt à taux zéro couplé aux anciennes primes devaient introduire leur demande avant minuit le même jour.

Cette annonce a provoqué un véritable afflux de demandes : 295 dossiers ont été déposés en une seule journée sur Appicrédit, la plateforme digitale de la SWCS. Un chiffre qui surpasse largement l’ensemble du mois de janvier 2025. Ce “rush” de dernière minute illustre l’engouement pour ce régime avantageux et la volonté des ménages de sécuriser leur financement avant la réforme.

La transition vers le nouveau régime a légèrement réduit la demande, mais celle-ci est restée solide. En septembre, la SWCS a franchi le cap des 1 000 premiers contrats signés avec les nouvelles primes.

Un dispositif toujours essentiel pour la rénovation

Malgré la baisse des primes liée à la réforme, le prêt à taux zéro reste largement plébiscité. Le montant moyen des prêts a augmenté de manière significative, passant de 24 000 € en 2023 à près de 40 000 € en 2025. Cette progression reflète des rénovations plus profondes et plus orientées vers la performance énergétique.

Le montant moyen des prêts mobilise une part importante de l’enveloppe disponible de 60 000 €. À noter que 30 % des dossiers atteignent le plafond autorisé, ce qui confirme le rôle stratégique de ce dispositif pour soutenir des travaux ambitieux.

Mais encore... ? 

Renforcement de l’orientation client et transformation digitale

Depuis 2021, la SWCS a profondément modernisé ses processus d’octroi de crédit avec le déploiement d’AppiCrédit, sa plateforme digitale. Celle-ci couvre désormais l’ensemble du parcours pour les prêts travaux et les garanties locatives, de l’introduction de la demande à son suivi, en passant par la signature des documents. Cette évolution a permis de proposer un parcours plus fluide, accessible et centré sur le client, tout en maintenant un accompagnement personnalisé.

AppiCrédit s’est imposé comme le canal principal d’introduction des demandes : plus de 60 % des dossiers y sont désormais traités, avec plus de 33 000 demandes enregistrées depuis son lancement. En 2025, la SWCS a renforcé ce dispositif avec le « digital accompagné », permettant aux candidats d’être guidés par un gestionnaire dès le début de leur démarche.

Dans une logique d’amélioration continue, l’intégration du crédit hypothécaire à ce parcours digital est prévue en 2026, afin de simplifier davantage les démarches et de sécuriser les données.

Parallèlement, la SWCS a poursuivi en 2025 le développement du programme Zèbre, visant à moderniser ses outils de gestion de la relation client. Ce projet permettra d’améliorer la qualité de service, la connaissance des bénéficiaires et le suivi des interactions, tout en renforçant l’efficacité des équipes. Il s’inscrit dans une volonté globale d’optimisation des processus et d’amélioration durable de la satisfaction des usagers, en impliquant également l’ensemble des partenaires.

Une gestion renforcée des risques numériques

La SWCS s'est inscrite dans le renforcement des exigences européennes en matière de cybersécurité, à travers la directive NIS2 et le règlement DORA. Ces cadres visent à mieux protéger les systèmes d’information et à garantir la continuité des services essentiels, dans un contexte de digitalisation croissante des activités liées au logement et au crédit social.

Pour la SWCS, la mise en œuvre de NIS2 s'est traduite par un renforcement des pratiques en matière de gestion des risques et de sécurité informatique : identification des menaces, organisation de la réponse aux incidents et sensibilisation du personnel. L’objectif était d’assurer la fiabilité des services et la protection des données des citoyens.

Les principes de DORA, centrés sur la résilience opérationnelle numérique, trouvent également un écho dans les activités de la SWCS, notamment en matière de continuité des services et de gestion des prestataires informatiques. En 2025, ces enjeux devenaient essentiels pour garantir la stabilité des services face aux risques numériques.

Au-delà des obligations réglementaires, ces démarches permettent à la SWCS de renforcer la confiance des usagers et de moderniser ses pratiques. Elles contribuent à inscrire durablement la cybersécurité au cœur de son fonctionnement, au bénéfice de services publics fiables et sécurisés.

Un parcours client toujours plus renforcé 

L’année 2025 marque une étape importante pour la SWCS avec la mise en place et la structuration de la fonction Expérience Client (CX), désormais intégrée aux processus internes. Fondée sur l’écoute du terrain, l’analyse des parcours usagers et une collaboration étroite avec les différents services, cette fonction a contribué à renforcer la cohérence des pratiques, à améliorer la communication interne et à fluidifier le parcours client.

Grâce à une présence accrue auprès des guichets et à l’analyse des retours d’expérience, CX a également soutenu les équipes dans la gestion de situations complexes et formulé des recommandations concrètes visant à améliorer la qualité du service. Les retours des partenaires et des acteurs de terrain soulignent la valeur ajoutée de cette démarche, qui favorise une meilleure prise en compte des besoins des usagers et une collaboration plus efficace entre les différents intervenants.

En 2026, la SWCS poursuivra cette dynamique en renforçant la culture client au sein de l’organisation, en développant davantage le partage d’expériences et la co-construction avec les guichets, afin d’ancrer durablement l’orientation client dans l’ensemble de ses actions.

Une diminution marquée des réclamations

La SWCS a enregistré et traité 280 réclamations, soit une diminution de 14 % par rapport à 2024. Cette baisse confirme une tendance observée depuis plusieurs années et ramène le nombre de réclamations à un niveau historiquement faible depuis le pic de près de 550 dossiers atteint en 2022.

Cette évolution doit être mise en perspective avec l’activité de l’institution, qui a octroyé 6878 crédits et assuré la gestion de plus de 46000 dossiers actifs dans le cadre de ses missions d’accès au crédit et d’accompagnement des ménages.

Parmi les réclamations recevables, 23 % ont été jugées fondées en 2025, contre 41 % en 2024. Cette amélioration reflète une meilleure conformité des traitements aux règles et procédures en vigueur, soutenue par la stabilisation des outils de gestion, le renforcement de l’information et de l’accompagnement des usagers, ainsi que l’optimisation des processus internes.

La réclamation demeure ainsi un levier essentiel d’évaluation et d’amélioration continue de la qualité du service rendu.

Un nouveau siège qui prend forme 

Débutés à l’été 2022, les travaux du Phare, futur siège de la SWCS, sont entrés dans une phase décisive en 2025. L’achèvement du gros œuvre et le lancement des travaux de parachèvement ont rythmé l’année, confirmant l’avancement du chantier et laissant entrevoir une installation des équipes dans les premières semaines de 2026.

Conçu pour répondre aux besoins de la SWCS, le Phare remplacera progressivement un siège devenu inadapté tant en matière de conditions de travail modernes que de capacité d’accueil. Implanté au cœur de Charleroi, à proximité immédiate des bureaux actuels dont une partie sera intégrée au projet, ce nouveau bâtiment se distingue par sa flexibilité d’usage. Pensé pour évoluer avec les besoins de la SWCS et de son environnement, il pourra, accueillir aussi bien des espaces de bureaux que des logements.